Dans la plaine de l’Orbe, distinguer la Colonie, Bochuz et les Prés-Neufs, les statuts historiques des personnes et le domaine agricole actuel.
Des lieux voisins ne désignent pas une institution unique. Comprendre la plaine de l’Orbe exige de distinguer les bâtiments, les personnes et les époques.
Du chantier agricole au complexe pénitentiaire
La Colonie de l’Orbe est créée en 1877, après la révision du Code pénal vaudois de 1875. Les détenus participent à l’assainissement des marais et à la construction de routes, dans des conditions que le DHS décrit comme très dures. Bochuz ouvre en 1930 ; les Prés-Neufs suivent en 1932. Cette succession explique pourquoi les noms et les régimes ne sont pas interchangeables. [1]
Plusieurs établissements, plusieurs situations
La Colonie, Bochuz et les Prés-Neufs remplissaient des fonctions distinctes. Le DHS décrit notamment les Prés-Neufs comme lieu d’internement administratif de 1932 à 1981. On ne peut attribuer à tous leurs occupants la même condamnation pénale. [1]
Une privation de liberté n’est pas toujours une peine
L’internement administratif historique relevait d’une autorité administrative et ne supposait pas une infraction. Cette distinction ne signifie pas qu’aucune personne internée n’avait d’antécédents pénaux. Il faut lire chaque situation sans remplacer son statut par une étiquette unique. [3]
Ne pas projeter le passé sur aujourd’hui
Le Service pénitentiaire décrit actuellement Bochuz et les secteurs ouvert et fermé de la Colonie, ainsi qu’un domaine agricole de 360 hectares. Des personnes détenues y travaillent avec des responsables d’ateliers. Cette présentation actuelle ne démontre ni la permanence de l’internement administratif ni celle de toutes les conditions de travail anciennes. [2]
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LE HORS-CHAMP
Ce que la vidéo ne vous a pas raconté
Le travail ne produisait pas seulement des récoltes : il structurait aussi l’argent disponible et certaines possibilités d’apprentissage.
Un pécule partagé
Le DHS décrit une rémunération très faible dont une moitié était disponible en détention et l’autre versée à la sortie. Ce fonctionnement historique ne permet pas de calculer une rémunération actuelle. [1]
Des ateliers pour apprendre
Dès les années 1950 au moins, certains détenus pouvaient suivre un apprentissage, notamment en typographie, reliure, mécanique ou boulangerie. Cette possibilité ne concernait pas automatiquement tout le monde et ne résume pas les conditions de détention. [1]
Des chambres sans barreaux
Aux Prés-Neufs, le DHS décrit des chambres de quatre personnes sans barreaux. Les montrer comme un cachot médiéval ferait disparaître cette différence matérielle. Nos espaces intérieurs restent des évocations anonymes, pas des relevés du bâtiment. [1]
Pour prolonger cette découverte
- La Chambre de la Question à Yverdon : découvrir une autre forme de contrainte institutionnelle, dans un contexte judiciaire et à une époque différents
Remonter aux sources
Chaque référence précise les faits qu’elle étaye. Consultez les documents d’origine pour comprendre leurs limites.
- Établissements de la plaine de l’Orbe — DHS, 16 avril 2024 ↗
Dictionnaire historique de la Suisse — Ludovic Maugué
Histoire de la Colonie (1877), de Bochuz (1930) et des Prés-Neufs (1932–1981). Travail agricole, internement administratif, chambres de quatre sans barreaux, partage du pécule et apprentissages dès les années 1950 au moins.
- Établissements de la plaine de l’Orbe ↗
État de Vaud — Service pénitentiaire
Présentation actuelle de Bochuz, des deux secteurs de la Colonie et du domaine agricole de 360 hectares. Le travail des personnes détenues est encadré par des responsables d’ateliers.
- Internement administratif — DHS, 10 avril 2024 ↗
Dictionnaire historique de la Suisse — Urs Germann
Définition et histoire d’une privation de liberté ordonnée par une autorité administrative, qui ne supposait ni infraction ni procédure judiciaire. Cette situation ne se confond pas avec toute détention pénale.
